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Montmartre par Sophie Bassouls

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4 décembre 2019 | Editos

Edito Dr Roland LANDMAN​Aujourd’hui, les traitements antirétroviraux (ARV) permettent de maintenir sous contrôle le virus du VIH. Cependant, ils doivent être administrés quotidiennement, avec les effets secondaires potentiels et les contraintes qui y sont associés.

La prise quotidienne d’ARV pourrait ne pas être indispensable, c’est du moins ce que montre l’étude QUATUOR. Cette étude s’inscrit dans la continuité de la cohorte ICCARRE et de l’étude ANRS 4D, essai pilote ayant montré en 2017 que des patients sous traitement ARV efficace depuis plus d’un an gardaient un contrôle de la réplication virale sous traitement réduit à quatre jours par semaine (96% de succès).

Suite à ces résultats positifs, l’essai ANRS 170 QUATUOR a été mis en place en incluant les traitements antirétroviraux les plus utilisés et les plus récents. Cette étude randomisée ouverte a recruté très rapidement les patients dans 59 centres en France de septembre 2017 à janvier 2018. Elle a comparé deux groupes de 318 patients : les premiers traités de la manière conventionnelle (7jours/7), et les seconds recevant un traitement ARV réduit à quatre jours sur sept (4j/7) avec trois jours d’arrêt en fin de semaine.

Ainsi, nous avons pu mettre en évidence que chez des patients ayant une infection VIH bien contrôlée avec une charge virale indétectable depuis 5.8 ans en moyenne, le traitement 4j/7, quel que soit le type de trithérapie utilisée, était statistiquement non inférieur au traitement quotidien. En effet, après 48 semaines de suivi, 95.6% des patients dans le bras 4j/7 et 97.2% dans le bras de traitement 7j/7 ont maintenu une charge virale indétectable. Six patients dans le bras 4 j/7 et quatre dans le bras 7j/7 ont présenté un échec virologique. Ces résultats permettent d’envisager un allègement du traitement à 4jours/7 chez les patients sous ARV et contrôlant le VIH depuis plusieurs années.

Bien qu’aucune différence au niveau de la tolérance des antirétroviraux n’ait été observée entre les deux groupes à 48 semaines, la possibilité d’un tel allègement du traitement constitue une option potentielle pour la prise en charge thérapeutique des patients infectés par le VIH bien contrôlés sous trithérapie, et permet également une substantielle réduction des coûts du traitement. Les résultats long terme de confirmation à 96 semaines seront disponibles en juillet 2020. La recherche thérapeutique peut aller aussi dans le sens d’une amélioration de la qualité de vie, avec des bénéfices secondaires de l’ordre du bien commun: si finalement moins d’ARV c’est aussi bien, c’est mieux.

QUATUOR est un essai mené par le Dr Pierre DE TRUCHIS à l’hôpital Raymond – Poincaré AP-HP et par le Dr Roland LANDMAN à l’hôpital Bichat – Claude Bernard AP-HP, avec l’aide de l’IMEA (Institut de Médecine et Epidémiologie Appliquée) et le support méthodologique du CMG dirigé par Lambert ASSOUMOU (Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et Santé Publique IPLESP, Inserm et Sorbonne Université). Résultats présentés à l’IAS, Conference on HIV Science, en juillet 2019 à Mexico.

Les résultats des études virologiques sur le compartiment spermatique, le réservoir au cours des traitements en 4 jours par semaine seront présentés à la CROI, Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, en mars 2020 à Boston.

Dr Roland LANDMAN
Praticien hospitalier, SMIT-Service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris 18e arrondissement.

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